Trois jours après que les deux principaux partis d'opposition (le Parti Populaire du Pakistan -- PPP -- et la Ligue Musulmane du Pakistan -- LMP; ces deux partis forment l'ossature de l'Alliance pour la Restauration de la Démocratie -- ARD) ont signé à Londres une Charte de la Démocratie demandant au président pakistanais et à son premier ministre de se démettre avant le 31 juillet 2006 (faute de quoi une motion de censure sera déposée), le président pakistanais Pervez MOUCHARRAF émet pour la première fois l'hypothèse d'un départ du pouvoir s'il venait à perdre le soutien populaire.
Certes, ce discours de M. MOUCHARRAF visant à remobiliser le soutien de sa base -- ses alliés civils au sein de la LMP -- trahit l'érosion de son capital politique à l'approche des élections présidentielle (automne 2007) puis parlementaires (30 janvier 2008). Néanmoins, tant que le morcellement de son opposition politique la confine à un rôle d'entretien de la crise politico-institutionnelle (menace de démission collective des parlementaires des partis membres de l'ARD si le président devait entrer en lice pour un nouveau mandat) et la prive de la masse critique nécessaire pour contraindre le président à la démission, M. MOUCHARRAF demeure au pouvoir même affaibli en fin de mandat.
