Au cours d'une conférence de presse conjointe avec le premier ministre israélien Ehud OLMERT
et après avoir rappelé sa vision (juin 2002) de "deux Etats démocratiques, Israël et la Palestine, vivant côte-à-côte dans la paix et la sécurité" -- vision partagée par M. OLMERT, le président George W. BUSH conditionne l'acceptation de la stratégie conçue par M. OLMERT en marge de la "feuille de route" à l'épuisement des voies de négociation d'un plan de paix avec le président de l'Autorité Palestinienne (AP) Mahmoud ABBAS (George W. BUSH, Ehud OLMERT, President Bush and Prime Minister Ehud Olmert of Israel Participate in Joint Press Availability, Washington, D.C., 23 mai 2006). Ensemble d'"idées audacieuses" à mettre en oeuvre dans les trois à quatre prochaines années le cas échéant, la stratégie primo-ministérielle comprend le désengagement partiel unilatéral de la Cisjordanie (conservation de certaines enclaves importantes en Cisjordanie et à Jérusalem-est) et la fixation unilatérale des frontièrs définitives de l'Etat d'Israël.
M. BUSH rappelle que les Etats-Unis continuent de privilégier l'option d'un règlement négocié -- un accord sur le statut final qui résulte de "changements mutuels concertés" -- tant qu'existe un interlocuteur palestinien valable pour la paix, aucune partie ne devant préempter le résultat des négociations. Il exhorte dans le même temps le Hamas (Mouvement de la Résistance Islamique) au changement par la réalisation un "choix stratégique pour la paix", id est en se conformant à la triple conditionnalité établie par la communauté internationale (reconnaissance de l'Etat d'Israël, renonciation à la violence terroriste et acceptation des traités signés avec Israël). Il souligne au demeurant que les Etats-Unis conçoivent avec l'Union européenne un mécanisme d'aide à la population palestinienne contournant son gouvernement.
S'il accepte de consentir le maximum d'efforts pour négocier avec le président de l'AP -- négociations néanmoins nécessairement imparfaites en raison de l'affaiblissement de M. ABBAS sur la scène politique palestinienne --, M. OLMERT estime qu'il ne devra pas disposer d'un "droit de veto" sur le plan israélien mais d'un "droit de vote" et exclut d'entrer en pourparlers avec le gouvernement de l'AP dominé par le Hamas -- à moins que ce dernier reconnaisse l'Etat d'Israël et renonce à la violence. Faute d'interlocuteur, le premier ministre israélien mettra sa stratégie à exécution.
M. BUSH réaffirme enfin l'engagement des Etats-Unis à défendre l'Etat d'Israël -- "ami et allié proche" -- contre toute agression. M. OLMERT considère de son côté qu'il est encore temps d'enrayer le développement d'une arme atomique iranienne.