Le président de droite sortant, Alvaro URIBE VELEZ (élu en 2002 avec 53%
des suffrages exprimés), est réélu dès le premier tour de l'élection présidentielle colombienne avec 62% des suffrages exprimés. Ses rivaux, le sénateur Carlos GAVIRIA du Pôle Démocratique Alternatif et Horacio SERPA du Pari Libéral, remportent respectivement 22% et 12% des suffrages exprimés. Nonobstant la présence de 220 000 militaires chargés d'assurer la sécurité des bureaux de vote, le taux de participation est de 45% des personnes en âge de voter.
Confirmant les élections congressionnelles de mars 2006 (victoire de la coalition de partis présidentielle en dépit de l'annonce d'une réforme du Code des impôts défavorable aux classes aisées), ce résultat à contre-courant d'une tendance lévogyre de l'Amérique latine (élection des présidents Hugo CHAVEZ au Venezuela, Luiz Inacio LULA DA SILVA au Brésil et Evo MORALES en Bolivie) s'explique par l'amorce d'une revitalisation de l'économie, le regain d'optimisme de la population et, principalement, la détermination dont est crédité M. URIBE VELEZ dans le traitement des thématiques sécuritaires:
- la criminalité de droit commun: baisse du taux d'homicides, diminution des enlèvements
- l'insurrection armée des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) -- qui se nourrit du trafic de drogue et pour le traitement de laquelle il bénéficie de l'aide militaire américaine dans le cadre de la "guerre contre la drogue" (les fonds alloués par le "Plan Colombie" s'élèvent à 3,6 milliards de dollars depuis 2000 -- 600 millions par an) -- et l'amorce de négociations avec l'Armée de Libération Nationale
- le désarmement et la démobilisation (en contrepartie de l'amnistie) des groupes paramilitaires d'extrême droite opérant à l'ombre des Forces d'Auto-Défense Unies de Colombie qui, chargées des opérations de contre-insurrection, connaissent une criminalisation rampante (30 000 ont déposé les armes puis démobilisé)
- l'augmentation des effectifs affectés à la sécurité: le programme présidentiel "Sécurité Démocratique" mis à exécution au cours du premier mandat a accru de 100 000 hommes les effectifs de l'armée (400 000 désormais) et augmenté de 25% le nombre de personnels militaires et policiers contribuant au maintien de l'ordre public
M. URIBE VELEZ est considéré comme un allié par l'administration du président George W. BUSH, ce qu'a confirmé la signature d'un accord bilatéral de libre-échange en dépit d'hésitations internes, accord en cours de ratification au Congrès.