Conformément à sa profession de foi, le président bolivien Evo MORALES tient une promesse électorale en nationalisant par décret la propriété des champs pétrolifères et gazifères qui se trouvent le territoire de la Bolivie.
Sous peine d'expulsion, le décret présidentiel n°28 701 accorde six mois aux 26 entreprises étrangères du secteur pour signer les nouveaux contrats d'exploitation des hydrocarbures prévoyant que l'organisme d'Etat Yacimientos Petroliferos Fiscales Bolivianos:
- contrôle la production et la vente d'hydrocarbures
- ponctionne 82% des revenus des entreprises produisant plus de 100 millions de mètres cubes
Après avoir annoncé dans un discours télévisé à la nation le terme du "pillage par les compagnies étrangères" et l'objectif à terme de la nationalisation de l'ensemble des ressources naturelles de Bolivie (mines, cours d'eau, forêts, etc.), M. MORALES assure l'application immédiate du décret en ordonnant le déploiement sur les exploitations d'hydrocarbures des forces armées boliviennes (notamment pour sécuriser les installations). Mais parce que la seconde réserve mondiale de gaz naturel manque d'infrastructures pour l'exploitation des hydrocarbures, son président souligne que les entreprises étrangères disposent d'un délai de 180 jours pour accepter -- ou non -- la renégociation des engagements contractuels.
Les principales entreprises étrangères concernées sont:
- Repsol YPF (Espagne)
- Petroleo Brasileiro (Brésil)
- Total (France)
- et, dans une moindre mesure, Exxon Mobil Corp. (Etats-Unis)
La démarche de M. MORALES s'inscrit non seulement dans la filiation des précédents nationalistes vénézuélien (augmentation de la fiscalité dans le secteur des hydrocarbures, obligation pour les entreprises étrangères d'intégrer des joint ventures avec les compagnies étatiques, lesquelles possèdent désormais 60% des champs pétrolifères) et équatorien (renégociation des contrats qui prévoit que 50% des revenus de la vente de pétrole échoient à l'Etat au-delà d'un certain montant), mais encore dans la suite logique du referendum national de juillet 2004 à l'occasion duquel les citoyens boliviens s'étaient exprimés en faveur de la récupération de la propriété des champs d'hydrocarbures privatisés en 1996.





