S'il confirme les propos tenus lors de sa conférence de presse conjointe avec le premier ministre britannique Tony BLAIR le 28 juillet, le président George W. BUSH insiste dans son allocution radiodiffusée hebdomadaire sur l'opportunité que constitue le conflit israélo-libano-palestinien pour traiter l'un des fronts de la "lutte entre la liberté et la terreur" exacerbée dans la région et infléchir par-là le cours politique "de Kaboul à Bagdad, Beyrouth et au-delà" (George W. BUSH, President's Radio Address, 29 juillet 2006).
Préoccupé par la situation humanitaire dans la sous-région, M. BUSH rappelle que l'état final recherché post-crise doit revêtir une dimension stratégique durable (non seulement tactique immédiate) qui subordonne tout cessez-le-feu au caractère propice de la situation sur le terrain en vue du traitement des causes profondes du conflit armé pour une solution politique durable synonyme de stabilité à long terme. Privilégier la durabilité à l'immédiateté du cessez-le-feu ou de la paix induit de changer le statu quo ante bellum. D'où deux nécessités:
- au plan militaire, dégrader la masse critique des capacités opérationnelles du Hezbollah -- acteur armé non étatique qui reste la cause originelle des hostilités
- au plan politique, restaurer la souveraineté de l'Etat libanais sur son territoire conformément aux accords de Taëf (1989) et aux résolutions 1559 (2004) et 1680 (2005) du Conseil de sécurité des Nations Unies (CSNU) -- lesquelles prévoient d'abord le terme des interférences étrangères, ensuite le désarmement puis démantèlement des milices libanaises et enfin le déploiement de l'armée libanaise à la frontière avec Israël -- avec l'appui d'une force multinationale mandatée pour maintenir la paix israélo-libanaise dans la zone tampon du sud-Liban
Cette crise est non seulement une occasion de résoudre définitivement le conflit israélo-libanais mais encore -- une fois proclamé un lien de causalité avec le radicalisme terroriste et les forces d'entrave à la démocratisation de la région -- une fenêtre d'opportunité pour revitaliser l'agenda de la démocratie dans la région du Moyen-Orient. Pour cela, la réduction de "l'idéologie de la terreur" (que les "ennemis de la liberté" -- Hezbollah, Organisation al-Qaida en Mésopotamie ou encore al-Qaida -- appliquent concrètement au Liban, en Irak et au niveau transnational) doit s'accompagner de la mise en oeuvre régionale d'une "transformation" démocratique -- une "stratégie à long terme pour la liberté dans le Moyen-Orient élargi".
Conformément au postulat de la théorie de la pax democratica (les démocraties ne se livrent pas la guerre entre elles mais optent pour les modalités de résolution pacifique des conflits), M. BUSH avance qu'il est dans l'intérêt national des Etats-Unis de contribuer à la propagation des valeurs démocratiques au Moyen-Orient. Il affirme enfin que la liberté prévaudra sur ses ennemis grâce aux "courageux dirigeants" dont la région s'est dotée, nommément les premiers ministres Nouri Kamal AL-MALIKI et Fouad SINIORA en Irak et au Liban ainsi que le président de l'Autorité Palestinienne Mahmoud ABBAS.
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